FUTURE NEXT DOOR

Temps de lecture : 36 minutes

STORY NEXT DOOR n’a jamais traité l’actualité. Jusqu’à maintenant. Cet édito illustré, divisé en 10 sujets, s’intéresse aux annonces, plus ou moins récentes, liées aux innovations technologiques. Il a pour objectif de faire une pause, de faire le point. Que se passe-t-il concrètement et avec quelles conséquences ? Attention, ceci n’est pas un exercice de science-fiction.

La science-fiction est un genre qui a rencontré un franc succès en 2016. Il y a eu Black Mirror, série anthologique culte devenue populaire grâce la diffusion de la troisième saison sur Netflix. Il y a également eu Westworld, dont la première saison a été acclamée par les critiques et les spectateurs. Cette série aborde des problématiques liées aux robots et à l’intelligence artificielle. L’homme s’apprête-t-il à construire une intelligence capable de le surpasser ? Un golem des temps modernes ? A la vue des audiences, supérieures à celles de la première saison de Game of Thrones, il y a cette impression que le grand public s’intéresse davantage aux oeuvres le mettant en garde contre l’innovation incontrôlée qu’aux innovations elles-mêmes, qui sont réelles. Pourtant ces mises en garde ne sont pas récentes. Les séries mentionnées ci-dessus ne sont que les héritières des livres d’Isaac Asimov, Aldous Huxley ou encore Philip K. Dick, pour ne citer que les plus connus. Le point commun entre ces oeuvres d’hier et d’aujourd’hui, c’est qu’elles proposent une vision assez sombre du futur.

Faut-il être techno-sceptique ? Actuellement, le berceau des innovations technologiques se trouve au sein de plusieurs multinationales, notamment les GAFA (NDLR : Google, Apple, Facebook, Amazon), mais pas seulement. Dans l’absolu, l’innovation n’est pas une mauvaise chose, surtout si elle a pour objectif d’aider le monde à résoudre ses problèmes, mais est-ce vraiment le but premier du capitalisme ? Face à ces évolutions, les gouvernements n’ont pas la main. Ils ne sont pas dans l’action, ils sont dans la réaction. Preuve en est le temps nécessaire et les difficultés rencontrées par les institutions politiques pour réguler internet, les réseaux sociaux ou encore Uber et Airbnb.

 

1) Le grand remplacement

Cette expression, issue des milieux conspirationnistes, ne sert généralement qu’à justifier des idées nauséabondes et racistes. Pourquoi en parler ? Car le grand remplacement n’est pas celui d’humains par d’autres humains, mais d’humains par des robots. C’est l’un des sujets les plus “chauds”. Les candidats à la présidentielle française l’ont régulièrement abordé, même s’il n’est pas vraiment nouveau.

Pourquoi cette prise de conscience soudaine ? A cause de la vidéo d’introduction à Amazon Go mise en ligne fin 2016 et qui a fait le tour du monde (référence). Le principe de cette innovation est simple : le client entre dans le magasin, prend ce qu’il veut acheter et ressort. Il n’y a pas de caisses. Il est automatiquement facturé. Avec cette technologie, ce sont potentiellement des milliers d’emplois qui pourraient être amenés à disparaître. Dans un autre domaine, quand la voiture autonome sera une réalité, l’entreprise Uber hésitera-t-elle une seule seconde à remercier l’ensemble de ses chauffeurs ? Les robots ne vont pas devant les tribunaux.

Toutes les industries sont concernées, même les industries créatives (référence) et le management (référence). L’automatisation de certaines tâches par des robots n’est pas nouvelle. Cependant, jusqu’à maintenant, les “cols bleus” étaient les seules victimes de ce remplacement. Dans le futur, personne ne sera à l’abri, pas même les diplômés des écoles de commerce ou d’ingénieur.  

 

Comme un lundi

 

2) L’intelligence artificielle, nouveau cerveau de l’humanité

L’une des raisons de la montée en puissance de ce “grand remplacement” est le développement de l’intelligence artificielle. L’année 2016 a été marquée par de nombreux progrès et coups d’éclats dans ce domaine. L’université d’Oxford et DeepMind, une filiale de Google, ont développé une intelligence artificielle (IA) capable de lire sur les lèvres avec plus d’exactitude qu’un professionnel, humain (référence). Toujours en 2016, une IA, également créée par DeepMind, a battu le champion sud-coréen de jeu de go (référence). Dans la continuité, en 2017, une IA a remporté un tournoi de Poker face à 4 joueurs professionnels (référence). Cela implique que l’IA est capable de bluffer. Ces victoires sont possibles grâce au deep learning, qui permet à l’intelligence artificielle d’apprendre toute seule. En 2012, Google Brain, une IA, a découvert le concept du chat en “regardant” pendant 3 jours des millions de capture d’écran sans noms issues de YouTube (référence). Qui sait à quelles données les IA développées par Google ont accès ? De son côté, Facebook n’est pas en reste (référence). Ils ont recruté l’un des créateurs du deep learning, Yann LeCun, un français. Ses équipes travaillent actuellement à “l’éducation” des IA pour qu’elles puissent raisonner et faire des prédictions pour le futur (référence).

Au niveau mondial, les IA auront un impact considérable. Elles pourront prendre en charge l’éducation des enfants, mettre en place des stratégies pour les entreprises, du management à la création du produit en passant par la publicité, jouer un rôle de premier plan dans la sécurité des pays, impacter les élections, émettre des diagnostics grâce à l’analyse des bases de données médicales… Avec des IA capables de s’améliorer sans intervention humaine, les possibilités sont quasi-infinies. L’encadrement des intelligences artificielles d’un point de vue éthique et légal est vital. Cela est d’autant plus vrai dans le cadre militaire. L’armée américaine travaille à la mise au point d’une IA capable de reconnaître un ennemi et de prendre, seule, la décision de l’éliminer (référence). Isaac Asimov avait déjà pressenti les risques potentiels en édictant en 1942 les trois lois, imparfaites et idéalistes, de la robotique :

1) un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, en restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger ;

2) un robot doit obéir aux ordres qui lui sont donnés par un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi ;

3) un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.

Dans le domaine, il existe également des initiatives plus personnelles. Eugenia Kuyda a ainsi créé le bot de son meilleur ami décédé prématurément. N’importe qui peut “parler” avec lui sur Facebook (référence). Ce n’est pas sans rappeler un épisode de Black Mirror (NDLR : saison 2, épisode 1). Il est important de préciser qu’un bot n’est pas une intelligence artificielle, c’est un agent logiciel automatique ou semi-automatique, mais cette initiative pourrait en inspirer d’autres. Devenir une IA après sa mort, n’est-ce pas une forme d’immortalité ?

 

Musée d’histoire artificielle

 

3) Hackers, votre pays a besoin de vous  

Les politiques ont donc un rôle primordial à jouer dans l’encadrement des différentes intelligences artificielles. A commencer par les Etats-Unis où sont situés les sièges des entreprises au coeur de ces innovations. L’administration Obama s’est d’ailleurs penchée en 2016 sur la question avec la rédaction d’un rapport, mais elle n’a fait qu’effleurer le sujet sans s’engager, dans un sens ou dans l’autre (référence).

Que fera Donald Trump ? Ce dernier est déjà assuré d’avoir sa place dans les livres d’histoire, ne serait-ce que pour son accession au pouvoir. Elle est d’ailleurs entachée d’une accusation grave : des hackers russes auraient influencé l’élection pour le faire gagner (référence). Par le passé, en 2008, des attaques en provenance de Chine avaient déjà été repérées. Cependant, il ne faut pas croire que les Etats-Unis soient simplement des victimes. Qu’est-ce que la NSA (National Security Agency) si ce n’est l’un des champions de la surveillance globale  ? Tout cela a éclaté au grand jour suite aux révélations d’Edward Snowden. La NSA avait accès aux serveurs de Facebook, Google, Apple, Microsoft, à une collaboration des télécoms et de certains Etats… (référence). Avait… Faut-il vraiment employer le passé ? Mardi 7 mars 2017, Wikileaks a commencé à rendre public des documents concernant la CIA. D’après eux, cette dernière est, entre autre, capable de pirater les téléphones sous iOS et Android, donc d’accéder aux applications et messages, peu importe l’application utilisée (référence). Au passage, il est intéressant de noter qu’il y a de plus en plus de doutes sur l’impartialité de Wikileaks, que certains soupçonnent d’être pro-russe, voir à la solde du Kremlin (référence).

La Russie aurait donc franchi un nouveau cap à l’occasion des élections américaines. Elle pourrait continuer sur sa lancée en tentant d’hacker les différentes élections prévues dans les pays européens en 2017, en France par exemple (référence). Ainsi, le mouvement En Marche d’Emmanuel Macron a accusé le Kremlin d’essayer de les hacker au profit des candidats “amis” de la Russie, Marine Le Pen et François Fillon (références). Des accusations que la Russie réfute (référence). Par ailleurs, le gouvernement français a décidé de suspendre le vote électronique pour les français à l’étranger pour les prochaines élections législatives. Le ministère des affaires étrangères a évoqué un “niveau de menace extrêmement élevé de cyberattaques” (référence).

De l’autre côté de l’Atlantique, la NSA est soupçonnée d’être étroitement liée à l’Equation Group, que Wikipédia définit comme : “un groupe de cyber-espionnage de haut niveau”. D’ailleurs, certains outils qu’ils utilisent pour hacker ont été mis en vente sur le darknet par un autre groupe de hackers, les Shadow Brokers (référence). Ces derniers ont mis fin à leurs activités au bout de 6 mois et sont suspectés d’être liés à Moscou (référence). Aujourd’hui, ces groupes sont méconnus du grand public, mais s’ils sont capables d’influencer l’élection présidentielle de la première puissance mondiale, ils ne le resteront pas très longtemps, ni leurs affiliations nationales. La protection des données des citoyens, des systèmes gouvernementaux, des entreprises nationales et de leurs infrastructures est déjà un enjeu majeur. Les guerres “traditionnelles”, où des vies et des villes sont détruites, continuent d’influencer le grand public de par les images qui vont avec, mais ce n’est peut-être plus sur cet échiquier que se joue le futur.

L’ère de la cyberguerre a commencé. Certains pays se sont déjà mis en action, comme les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Israël est également à la pointe. Dès 2011, Tsahal créait une division dédiée uniquement à la cyberdéfense (référence). Qu’en est-il de la France ? En décembre 2016, Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense annonçait la création d’un commandement de la cyberdéfense (référence). Le gouvernement français avait déclaré en 2008 que c’était l’une de ses priorités. En comparaison, les Etats-Unis ont créé un cyber commandement dès 2009. C’est le général Keith B. Alexander, patron de la NSA à l’époque, qui en avait pris la tête. Il quittera son poste en 2014 suite aux révélations d’Edward Snowden. La cyberguerre ne sera peut-être pas meurtrière, mais ce n’est pas pour autant qu’elle sera propre.

 

Celui qui compte

 

4) Mark Zuckerberg, président non-élu

Ces dernières années, les attaques de hackers les plus médiatisées ont été celles visant des entreprises. Il y a eu l’attaque de Sony en 2014 (référence), et plus récemment Yahoo, qui a révélé que depuis quelques années des millions de comptes clients ont été compromis (référence). Il est normal d’avoir des craintes. Les hackers peuvent revendre les données, faire du chantage… Ils ont mille et une façons d’utiliser ces informations à mauvais escient.

Paradoxalement, alors que les gens ont peur de voir leurs données être volées, ils n’hésitent pas à les donner à des entreprises qui ne garantissent pas forcément le respect de leur vie privée. Elles ne sont pas toujours transparentes concernant ce qu’elles en font ou comptent en faire (référence). La réalité, c’est que c’est l’adoption massive de ces technologies et de ces réseaux sociaux qui leur a donné le pouvoir qu’elles ont aujourd’hui. Ainsi Facebook possède une quantité de données considérable sur la plupart de ses utilisateurs. Nombreux sont ceux qui s’y expriment et s’y affichent sans retenue. Il n’est donc pas étonnant que les Etats-Unis aient décidé de demander aux voyageurs, de façon facultative pour l’instant, de communiquer leur nom d’utilisateur pour différents réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Instagram, Linkedin… Cela afin de décider s’ils les laissent entrer sur le territoire (référence). Inutile de dire que laisser un espace blanc ou avoir un compte quasi-vierge, voir un faux-compte, sera vu comme suspect. Si les attaques terroristes continuent, certains seront tentés de pousser cette pratique plus loin. C’est ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis, où les autorités voudraient avoir le droit, légalement, de demander aux voyageurs le mot de passe de leur téléphone pour accéder à leurs messages et applications (référence). Au final, pour des raisons de sécurité, est-ce si surprenant que les réseaux sociaux et téléphones puissent devenir des compléments de passeport légaux et officiels, et donc être analysés ? Le débat entre le respect de la vie privée et la sécurité n’est pas nouveau, mais il a été amplifié par l’avènement du digital (référence).  

Pour les gouvernements, l’accès aux données des citoyens, et des gens de passage, se fait aujourd’hui sans la coopération proactive des GAFA. En 2016, Apple a eu un contentieux avec le FBI à ce sujet (référence). Cela ne va pas aller en s’améliorant puisque les relations entre la Silicon Valley et Donald Trump se sont grandement détériorées suite au décret anti-immigration de ce dernier (référence). D’ailleurs, en début d’année, plusieurs médias ont relayé la question suivante : Mark Zuckerberg a-t-il des arrières-pensées politiques (référence) ? Cette actualité se basait sur la bonne résolution de ce dernier. En 2017, il veut aller à la rencontre des citoyens américains dans les Etats qu’il n’a pas encore visité. Rien de bien concret. Ce qui est très concret par contre, c’est la mise en place d’un stratagème légal pour qu’il puisse avoir un poste au gouvernement américain sans perdre le contrôle de son entreprise (référence). Pour l’instant, le but de cette manoeuvre n’est pas clairement énoncé. Un autre élément concret est le recrutement de David Plouffe, stratège de la campagne d’Obama, en tant que lobbyiste en chef de sa fondation, la Chan Zuckerberg Initiative. Ken Mehlman, l’homme derrière la campagne de Georges W. Bush en 2004, a également été recruté (référence). Travailleront-ils exclusivement pour la fondation ? Et quel est l’objectif de cette fondation ?

Sa mission est la suivante : “Augmenter le potentiel de l’être humain et promouvoir l’égalité des opportunités.” Le site officiel, un simple site WordPress, ne donne pas beaucoup plus de précisions. Il y est expliqué que Mark Zuckerberg et sa femme ont créé cette fondation pour proposer des “solutions” pour l’éducation, la science et la santé. Ca pourrait être un début de programme politique, sauf qu’il n’a pas besoin d’être élu pour le mettre en place. Tout comme Google, Microsoft et d’autres, Facebook a les fonds et les lobbyistes nécessaires pour concrétiser sa vision du monde, aussi bien aux Etats-Unis (référence) qu’en Europe (référence).

 

United States of Facebook

 

5) Être de chair, de sang et de nanoparticules

Comme l’explique un édito publié sur Maddyness, la santé est le nouvel eldorado des géants du web. Acquisition et stockage de données, miniaturisation des technologies, éradication des maladies… Ils ne manquent pas d’ambition. Le patron de Google Ventures, Bill Maris, espère prolonger l’existence de vie au moins “jusqu’à 500 ans”.

La technologie de rupture la plus ambitieuse dans ce domaine est la nanotechnologie. Elle a fait des progrès considérables en l’espace de quelques années. En 2014, Google annonçait avoir mis au point une technologie de nanodiagnostic révolutionnaire (référence). Il s’agit de nanoparticules qui, si elles étaient présentes dans l’organisme, pourraient détecter les maladies avant que les syndromes n’apparaissent. Elles pourraient permettre aux médecins de suivre à distance l’évolution de l’état de santé des patients. Depuis l’annonce de l’existence de ce prototype et de son désir d’investir dans les nanotechnologies et la recherche médicale, Verily, la filiale de Google dédiée à la santé, a noué des partenariats avec des incontournables du secteur, comme GSK (référence) et Johnson & Johnson (référence).

Google propose certes une vision pour le futur, mais ils ne sont pas les seuls à travailler sur la miniaturisation des technologies dans un cadre médical. Par exemple, des chercheurs américains ont créé des mini-robots capables de naviguer dans les artères pour les nettoyer, les déboucher et même délivrer un médicament dans une zone précise (référence). La démocratisation de cette technologie est prévue pour les prochaines années. Il n’est pas impossible que dans 5 ou 10 ans les hommes se baladent avec des nanorobots en libre circulation dans leur organisme.

Comme toutes les avancées majeures, elle risque d’être accompagnée de dérives. Les nano-attaques seront une éventualité. Placés dans un verre d’eau, puis une fois ingurgités, les nanorobots pourraient être programmés pour aller directement au coeur ou boucher les artères. Et s’ils peuvent se déplacer librement, pourquoi ne pas les envoyer dans le cerveau pour anesthésier ou stimuler les zones dédiées à la douleur et au plaisir ?

 

Néo-médecine

 

6) Nettoyage génétique

Le “design” des nouveaux-nés n’est pas encore à l’horizon, mais l’eugénisme se rapproche.  Jacques Testart, le biologiste qui a permis la naissance du premier bébé éprouvette en France en 1982, le prédit dans une interview : “Nous glissons inexorablement du désir d’enfant au droit à l’enfant, et du droit à l’enfant au droit à l’enfant de qualité” (référence). En parallèle, les universités américaines Harvard et Brown mettent aussi en garde les gouvernements. Ces réactions sont liées à la même avancée.

Explication : le taux de réussite d’une FIV, fécondation in vitro, est d’environ 20%. Ce taux s’explique par la production d’ovules “qui reste rare et complexe”. Cependant des chercheurs japonais, avec des souris, ont réussi à produire des ovules à partir de cellules banales, présentes dans un morceau de peau par exemple. Cela veut dire qu’on pourrait potentiellement produire un nombre infini d’ovules par femme. (référence)

Il y a donc d’un côté cette avancée médicale, et de l’autre le DPI, le diagnostic préimplantatoire. Cette procédure permet de détecter la présence d’éventuelles anomalies génétiques ou chromosomiques dans les embryons conçus après fécondation in vitro. La porte qui s’ouvre permet de faire un grand nombre de fécondation in vitro, de réaliser des DPI, puis de sélectionner quelle fécondation menée à son terme pour avoir le “meilleur bébé”. Dès lors, tous les couples pourraient être tentés de faire des bébés in vitro. Certains scientifiques craignent l’apparition d’un phénomène de “baby farming”.

C’est évidemment une zone grise, et les législations à travers le monde varient. En France, pour avoir accès au DPI, il faut pouvoir prouver qu’il y a une probabilité élevée de donner naissance à un enfant atteint d’une maladie génétique grave. Cependant, des hommes politiques travaillent à l’ouverture du droit au DPI (référence). Ils avancent des arguments à la fois humain, scientifique et économique. D’après eux, cela permettrait potentiellement d’éviter des situations compliquées à gérer pour les parents. Cela provoquerait aussi la disparition des embryons “imparfaits”. Casse-tête éthique et nettoyage génétique sont au programme de cette réflexion.

Néanmoins, pour les parents souhaitant absolument s’assurer la bonne santé de leur enfant en utilisant cette procédure sans pouvoir y recourir en France, inutile d’attendre le futur, il suffit de prendre l’avion. C’est déjà possible et légal dans certaines cliniques aux Etats-Unis et en Chypre du nord. En plus, grâce au DPI, il est même possible de choisir le sexe de son enfant, et bien plus (référence). La question est de savoir quand sauteront les verrous en France et dans le reste du monde. Le marché du voyage médical se démocratise (référence). Comment réagiront les gouvernements ? En attendant, la science continue d’avancer dans le domaine de la manipulation génétique, avec l’outil CRISPR-Cas9 notamment (référence). Blond aux yeux verts ou brun aux yeux bleus, l’heure sera un jour aux bébés sur mesure.  

 

Votre portrait craché

 

7) Dans quelle réalité vivre ?

La réalité virtuelle est l’une des technologies tendances du moment. La question est de savoir si elle réussira à s’installer. Est-elle condamnée comme les téléviseurs 3D (référence) ou décollera-t-elle en 2017 ? Des sommes considérables ont été investies. En 2016, il n’a fallu attendre que 2 mois pour atteindre le milliard de dollars d’investissement (référence). Samsung, Facebook, Sony, HTC… Ils sont tous dans la course. Les marques suivent. Les agences spécialisées et les initiatives ont fleuri à tous les coins de rue. MK2 a même ouvert un espace dédié à Paris après deux ans de R&D et 1,5 millions d’euros d’investissement (référence).

Pour quels résultats ? Pour l’instant, les observateurs ne voient pas de vrais retours sur investissement. Néanmoins nombreux sont ceux qui parient sur un envol du marché en 2017 pour différentes raisons : plus de concurrence donc des prix plus attractifs, ouverture au grand public et sortie de nouveaux jeux et contenus à consommer en réalité virtuelle (référence). La sortie en janvier de Resident Evil 7 : Biohazard, édité par Capcom, pensée en partie pour cette technologie semble confirmer cette dernière tendance, d’autant plus que le jeu a reçu de très bonnes critiques (référence). Il faut noter que le jeu n’est jouable en réalité virtuelle que sur la console de Sony, la PlayStation 4, et donc en utilisant leur casque, le PlayStation VR. Pourtant, en début d’année, Sony a annoncé la fermeture de l’un de ses studios spécialisé dans la réalité virtuelle (référence). Face à la difficulté de prédire l’avenir de cette technologie, la marque a pris ses précautions. Une attitude qui pourrait rapidement changer suite aux excellents résultats communiqués par Sony fin février : 915 000 Playstation VR auraient été vendus en 4 mois (référence).

Toujours à propos de contenu, s’il y a bien une industrie qui ne perd jamais une occasion d’expérimenter de nouvelles façons d’en proposer, c’est celle du X. La société Holodexxx croit dur comme fer au futur de la réalité virtuelle. Ils ont mélangé cette technologie avec la 3D photoréaliste. L’objectif ? Proposer au marché des interactions réalistes avec des actrices de film X à travers la réalité virtuelle. Lors de ce reportage réalisé par Vice (référence), la journaliste s’interroge sur ce que les gens pourront faire avec cette personnalité. Tori Black, star du porno, assure que ça ne la dérange pas que son alter ego virtuel ait des relations sexuelles avec des gens avec lesquels elle ne coucherait pas dans la vraie vie. Les créateurs de leur côté assurent qu’ils ne permettront pas la simulation d’un viol. L’interaction se déroulera dans le cadre d’une activité sexuelle “normale”, hétérosexuelle ou homosexuelle. Brian Shuster, fondateur de Holo Girls VR, société spécialisée dans le contenu porno pour la réalitée virtuelle, pense lui que cette technologie permettra aux utilisateurs de repousser les limites de leur sexualité, de leurs envies et de leurs fantasmes (référence). La démocratisation peut aussi passer par la pornographie. Les chiffres dévoilés par le site Pornhub semblent le confirmer. Lancée en avril 2016, la section dédiée au contenu en réalité virtuelle aurait cumulé 38 millions de recherche sur la même année (référence). Ce chiffre pourrait exploser rapidement avec le développement du WebVR qui veut marier le web et la réalité virtuelle (référence).

Pendant que le débat se concentre sur le succès ou l’échec de cette technologie, et sur la qualité des contenus disponibles, il y a peu de discussions autour de son impact sur l’homme, et plus précisément sur son cerveau. Pourtant plusieurs expériences récentes relayées dans un article du Figaro donnent matière à réfléchir (référence). La première consiste à plonger un grand brûlé, grâce à la réalité virtuelle, dans un univers de froid polaire pendant que le personnel médical nettoie ses plaies. Cette intervention quotidienne est connue comme étant insupportable pour les patients. Avec la réalité virtuelle les faisant voyager dans cet univers fait de neige et de montagnes blanches, ils ne ressentent plus la douleur. Il n’y a même plus besoin de morphine. Les scientifiques n’ont aucun doute sur le fait que la réalité virtuelle impacte le cerveau humain. La vraie question, c’est comment elle l’impacte. Les marques concernées, et citées plus haut, n’ont pas souhaité répondre aux questions des journalistes.

Toujours relayée dans le même article, une autre expérience, menée sur des souris, à l’université américaine UCLA, a prouvé que lorsqu’elles sont plongées dans la réalité virtuelle “60% des neurones de l’hippocampe, la partie du cerveau qui joue un rôle central dans la mémoire et les repères spatiaux, devenaient inactifs”. Il y a également une baisse de l’activité électrique des neurones. Si la télévision à la réputation d’abrutir les spectateurs, alors que dire de la réalité virtuelle ? C’est d’ailleurs peut-être l’une des raisons pour lesquelles il y a autant d’investissements pour que le grand public l’adopte.

Aujourd’hui, qui connaît les effets de la télévision, des ordinateurs et des smartphones sur le cerveau humain ? Il y a des articles sur le sujet, des recherches ici et là, mais il est difficile de trouver des informations et surtout des conclusions concrètes, définitives. Il faudrait peut-être commencer à appréhender les évolutions et innovations technologiques autrement. L’une des options est de d’abord se poser la question de leur impact sur l’être humain avant de commencer à les commercialiser, comme dans le domaine médical.

 

Le coup de foudre

 

8) Nos enfants les cyborgs

Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international prônant l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains (Wikipédia). Ce n’est pas de la science-fiction. Google et Sony travaillent sur des lentilles optiques connectées. Les premiers brevet ont été déposés (référence). De nouveau, cela n’est pas sans rappeler un épisode de Black Mirror (NDLR : saison 1, épisode 3).

Ils sont de plus en plus nombreux à prendre le transhumanisme très au sérieux. Ainsi Elon Musk, le médiatique patron de Tesla, souhaite créer une puce à intégrer dans le cerveau pour augmenter ses capacités. Pourquoi ? Pour que les humains puissent rester au niveau des intelligences artificielles, sans quoi ils deviendraient leurs animaux de compagnie, une sous-espèce selon lui (référence). Toujours d’après Elon Musk, l’homme moderne est quasiment déjà un cyborg puisque les technologies et les informations auxquelles il a accès lui confèrent d’immenses pouvoirs. Il veut réussir à faire la connexion entre ces “pouvoirs” et le cerveau humain, sans passer par la case hardware. Le corps doit être le hardware. Il n’est pas le seul dans la Silicon Valley à croire en ce futur. Ray Kurzweil, ingénieur, auteur, futurologue et chercheur chez Google, ainsi que Pascal Finette, cadre à la Singularity University, vont dans le même sens :  “je n’essaie plus de me souvenir des choses car je sais que je peux consulter Google ou Wikipédia quand je veux. Mon smartphone n’est pas encore directement connecté à mon cerveau, à mon cortex, mais ça ne saurait tarder. On ne peut arrêter ce mouvement. C’est inévitable.” (référence).

Face aux grandes phrases de ces nouveaux conquérants, il doit y en avoir un qui sourit, c’est le premier cyborg de l’histoire de l’humanité, Kevin Warwick (référence). Scientifique anglais spécialisé dans la cybernétique, il n’a jamais hésité à expérimenter sur sa personne. En 1998, il s’est implanté un émetteur RFID dans le bras pour activer la lumière, l’ouverture des portes et des programmes sur son ordinateur. En 2015, une société suédoise a proposé à ses employés de faire la même chose, pour passer la sécurité de l’immeuble plus facilement, payer les repas à la cantine… (référence). Retour au cyborg originel. En 2002, une interface neuronale conçue par le Docteur Mark Gasson est implantée dans le cerveau de Kevin Warwick. Elle lui permet de prendre le contrôle d’une main robotique en utilisant n’importe quel réseau WiFi pour s’y connecter. Il en fait une démonstration en direct en Colombie. Face à des étudiants, il prend le contrôle de la main restée en Grande-Bretagne (référence). Quelques années plus tard, il établit une connexion similaire, mais avec le bras de sa femme cette fois. Les médias n’hésitent pas à parler d’une forme de télépathie, qui peut être perçue comme un contrôle d’une pensée par une autre.  

Aujourd’hui, devenir un cyborg est à la portée de tous. Une entreprise a fait parler d’elle en commercialisant un boîtier appelé North Sense. Il donne un sixième sens aux hommes, celui de toujours savoir où se trouve le pôle nord (référence). Pour l’instant ce boîtier ne se place pas sous la peau. Il se fixe sur la poitrine avec un piercing. En s’intéressant de plus près à la société derrière ce produit, Cyborg Nest, il apparaît qu’elle compte dans ses rangs Neil Harbisson et Moon Ribas, deux “cyborg artists” et créateurs de la Fondation Cyborg (référence). Neil Harbisson, atteint d’achromatopsie (NDLR : il voit en noir en blanc), a un “eyeborg”, composé d’une caméra placée devant son oeil et d’une puce. Grâce à ce dispositif, il entend les couleurs. Moon Ribas a elle un capteur dans le bras qui lui permet de ressentir l’activité sismographique de la terre. Ce sont les deux représentants les plus connus de la communauté des “cyborg artists”. Ils sont aussi nombreux à venir de la communauté du tatouage, du piercing et de l’art corporel, du “body modification”. C’est la suite logique de l’exploration de la modification du corps humain.

Dans l’équipe de Cyborg Nest, il y a aussi Steve Haworth, l’une des figures emblématiques de ce milieu. Il a d’ailleurs placé un circuit électrique dans l’avant-bras d’un hacker. Ca lui permet de suivre l’évolution de son corps sur son téléphone (référence). L’existence d’une scène alternative, à l’approche artistique ou contestataire, permettra peut-être de contrebalancer celle des grandes entreprises. Il est probable que cela ouvrira également la voie à des pratiques dangereuses. Concernant les hackers, entre résistance et terrorisme, de quel côté se positionneront-ils ?

 

Révision annuelle

 

9) Passeport pour Mars

Les yeux rivés sur des écrans, qui regardent encore le ciel ? Cela n’empêche pas l’opinion publique d’être fascinée par la conquête de l’espace depuis des décennies. Mars est la prochaine étape. Les premières années de l’exploration spatiale étaient marquées par la concurrence USA-Russie. Aujourd’hui, la course au premier homme sur Mars se joue entre le secteur privé et le secteur public. D’un côté, il y a Space X et de l’autre la NASA.

Space X a été fondé en 2002 par Elon Musk, qui n’hésite pas à jouer sur plusieurs tableaux. En 2016, ce dernier a fait part de son objectif d’envoyer un premier vol habité vers Mars en 2024 (référence), soit 6 ans avant celui prévu par la NASA. La NASA, créée en 1958, acteur historique, ne sera peut-être pas la première à poser le pied sur la planète rouge, mais elle ne chôme pas pour autant. Cela fait 13 ans que son robot Opportunity y est actif (référence). Elle a également organisé une simulation de la vie sur Mars avec 6 scientifiques, dont le français Cyprien Verseux. Ils ont vécu pendant douze mois comme s’ils étaient sur Mars (référence). Dernièrement, l’organisation gouvernementale américaine a dévoilé à quoi pourrait ressembler les maisons martiennes, avec des maquettes 3D et des plans précis à l’appui (référence). A la lecture de ces incroyables avancées, comment ne pas avoir des étoiles dans les yeux ?

La colonisation de Mars est un sujet léger, lointain, parce que ce n’est pas une nécessité. Pas encore. La population humaine ne cesse de croître, de 2,5 milliards en 1950 à 7,43 milliards en 2016. Les prévisions annoncent que la barre des 10 milliards sera atteinte entre 2050 et 2060 (référence). Cette augmentation a un impact sur la terre. La pression sur notre environnement est de plus en plus forte. Il y a de plus en plus de consommateurs, mais les ressources sont limitées. Aujourd’hui, pour subvenir aux besoins de tous les être humains, il faudrait 1.6 terre. Nouveau marronnier médiatique, le “jour du dépassement de la Terre” marque le jour où l’humanité aurait déjà consommé l’ensemble des ressources que la Terre peut produire en une année (référence). En 1970, il était atteint le 23 décembre. En 2016, il a été atteint le 8 août. Qui plus est, cette consommation accrue joue un rôle prépondérant dans le réchauffement climatique. C’est notamment le cas de la consommation de viande (référence). Autre conséquence de la pression grandissante exercée par l’homme, la population d’animaux vertébrés diminuent (référence). En Afrique, le guépard, la girafe et le rhinocéros noir sont menacés d’extinction (référence).  

Ces disparitions pourraient être accentuées et accélérées par le réchauffement climatique. Une explosion de la pauvreté, des millions de réfugiés climatiques et une recrudescence des maladies sont aussi des conséquences potentielles de ce phénomène d’après des organismes comme l’ONU, la Banque Mondiale et l’IDMC (référence). Comment éviter ces catastrophes ? Chaque année, les gouvernements se retrouvent au COP pour tenter d’enrayer cette crise. Comment vont-elles se dérouler avec Donald Trump ? Le nouveau président des Etats-Unis ne croit pas au réchauffement climatique, à tel point que le président chinois a dû lui rappeler la nécessité d’une coopération entre les deux plus gros émetteurs de CO2 (référence). Il y aussi des initiatives pour sauvegarder la biodiversité terrestre, comme la réserve mondiale de semences du Svalbard (référence), parfois surnommée l’“Arche de Noë”. Face à ce potentiel futur qui se dessine, l’humanité réussira-t-elle à trouver des solutions avant que Mars ne devienne la seule option ?

 

Mars et ça repart

 

10) Les déconnectés  

Face à la nécessité d’évoluer, les français seraient sur le chemin de la déconsommation (référence). C’est le résultat des scandales à répétition, d’un “food bashing” régulier, sur les produits laitiers et la viande rouge notamment, ainsi qu’une couverture médiatique importante. Certains observateurs argumentent qu’il est plus simple de faire culpabiliser les individus que les entreprises. Toujours est-il qu’au bout de plusieurs années, les habitudes des consommateurs évoluent désormais de façon significative, et cela pourrait s’inscrire dans la durée.

Plusieurs signes laissent à penser qu’il y a une prise de conscience similaire, au niveau des individus et de la société, vis-à-vis du digital. Cette évolution s’explique à travers les problématiques abordées plus haut : opacité de l’utilisation des données récoltées par des entreprises comme Facebook ou Google, peur des hackers et surveillance gouvernementale. Concernant la protection des données personnelles, Edward Snowden a partagé les outils qu’il utilise (référence). C’est un point de départ pour protéger sa vie privée. Certains sont faciles à utiliser, comme Signal et HTTPS Everywhere, d’autres moins, ce qui peut rebuter le grand public.

Un autre aspect est l’impact sur les individus du temps passé sur les téléphones mobiles, internet et les réseaux sociaux. Sujet de société qui a vu naître la tendance du digital detox. Cette pratique consiste à s’obliger à ne pas se connecter à un appareil électronique pendant une période donnée. Elle peut prendre plusieurs formes. Les hôtels de luxe offrent des séjours digital detox pour les cadres (référence). Il existe un Digital Detox Challenge sur 30 jours qui a pour objectif d’aider à se déconnecter de la technologie pour se reconnecter à son corps (référence). Il est même possible de s’attaquer au coeur du problème en téléchargeant des applications mobiles spéciales digital detox (références). Il y a celles qui y vont en douceur en indiquant le temps passé sur le téléphone et les différentes applications, pour déclencher une prise de conscience chez l’utilisateur. A l’autre bout du spectre, il y a Flipd qui bloque le téléphone au-delà d’un temps prédéterminé d’utilisation. Radical.

Que se soit sur le respect de la vie privée ou sur le digital detox, certains gouvernements ont suivi le mouvement. Il y a le droit à l’oubli qui s’applique dans l’Union Européenne. Il permet à un individu de demander à Google de déréférencer des liens vers des pages pouvant lui nuire personnellement (référence). Il est donc possible de disparaître des résultats Google. Autre droit plus récent, en France, le droit à la déconnexion qui est entré en vigueur le premier janvier 2017 dans le cadre de la loi travail. Il encadre la connexion dans un contexte professionnel : les employés n’ont pas le devoir d’être connectés en permanence (référence). Ce “droit” peut faire sourire, car il semble être compliqué à appliquer. Étant récent, il faudra suivre les premiers cas aux prud’hommes. Au-delà de ça, l’introduction de l’expression “droit à la déconnexion” au sein de la société française est intéressante. C’est un terme qui pourrait être amené à rentrer dans le langage courant ces prochaines années. Il y aura peut-être des vagues d’utilisateurs décidant de se déconnecter totalement, aucune présence sur les réseaux sociaux, plus de smartphones, accès restreint à internet et aux mails… Les déconnectés.

 

Les univers parallèles 

 

Ce billet touche à sa fin. Un billet qui a ses limites puisque de nombreux sujets, axes et possibilités n’ont pas été traités. Il y a eu le bébé né de 3 parents grâce aux progrès de la génétique. Les Emirats Arabes Unis ont déclaré leur objectif de coloniser la planète Mars d’ici un siècle. Les GAFA ont souvent été citées, mais il y a également leurs camarades asiatiques, BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi). L’attaque DDOS utilisant les objets connectés qui a mis à mal l’internet mondial n’a pas été abordée. Il n’a pas non plus été question des projets de Facebook et Google pour propager internet dans le monde entier. Face à ce flux permanent d’informations, il est nécessaire d’essayer de faire le tri, de prendre du recul, de voir comment tout se connecte et d’essayer de comprendre ce qui se passe. Quelle direction prend le monde ? Comment réagir face à ces changements ? Quelles sont les options possibles ? Le futur arrive vite. Il y a 20 ans, en 1997, les gens n’avaient accès qu’au bas débit avec AOL, Club Internet et les autres fournisseurs internet de l’époque, Napster n’existait pas encore, les recherches en ligne se faisaient sur Yahoo et AltaVista, les internautes échangeaient sur Caramail, le monde se découvrait sur Encarta et les MP3 s’écoutaient avec Winamp. A quoi ressemblera le monde en 2037 ? L’humanité est-elle condamnée à subir un futur imaginé par une minorité, ou peut-elle encore choisir ? 

 

Merci à Camille Gomez pour les illustrations. N’hésitez pas à la suivre sur Instagram

 

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