HLenie, photographe

Temps de lecture : 7 minutes

HLenie est une photographe Parisienne originaire de Tours. Elle n’a que 24 ans, mais elle est déjà très active. Elle travaille avec le média Yard depuis qu’il a été lancé. Elle a ainsi eu la chance de shooter des grands noms, voir des légendes, comme Zlatan Ibrahimovich, Michael Jordan, Kevin Durant, Joey Starr, Wiz Khalifa et j’en passe. Pour elle, tout a commencé dans les boîtes de nuit parisiennes. Je vous invite à découvrir un extrait de sa série “Night”, dont plusieurs clichés ont été repris sur STORY NEXT DOOR, à voir ici. Pour elle, prendre en photo des inconnus ou des stars, c’est du pareil au même, c’est de l’humain, c’est ce qui la fascine. Peu importe vers où sa carrière la mènera, l’homme restera au centre son travail. Aujourd’hui, pour cette interview, les rôles sont inversés, c’est vers elle que se tourne l’objectif.

Photographe… en voilà un métier qui fait rêver, surtout à une époque où tout le monde peut potentiellement le devenir avec un simple téléphone portable. Il y a aussi l’héritage des grands photographes, aussi bien de mode, que de ceux qui ont couvert les grands moments de l’histoire contemporaine, ou ceux qui ont simplement photographié en bas de chez eux leur quotidien. Dans la société d’image qui est la nôtre aujourd’hui, ils sont les garants de notre mémoire. Dans quelques décennies, les textes ne seront plus lus, mais les images seront regardées.

 

Raphael : Comment es-tu devenue photographe ?

HLenie : A la base, je viens du monde de la musique. A Tours, j’étais au conservatoire de musique pendant une dizaine d’années. Puis la musique m’a inspirée des envies de films, d’images. Je suis montée à Paris pour faire des études de cinéma. Je ne connaissais pas du tout la ville, je me suis achetée un appareil photo et j’ai commencé à parcourir et photographier Paris. C’est comme ça que ça a commencé. Un soir je sortais avec une copine dans un club, on s’était pris un billet pour apprécier Birdy Nam Nam aux platines. J’avais pris mon boitier. L’énergie était très cool. J’ai rencontré le gérant du club. Je lui ai demandé s’il cherchait des photographes, à l’époque pas vraiment. Quelques mois plus tard après avoir vu mes photos, ils m’ont prise à l’essai. C’était une soirée F*A*L*D. J’ai rencontré Yoan Prat et Tom Brunet, deux gars pleins d’énergie qui étaient entrain de créer Yard. Leur soirée de lancement avait lieu un mois plus tard, ils m’ont rappelée pour shooter. Depuis, on continue de travailler ensemble. De fil en aiguille, je me suis retrouvée à faire de la photo, et à en faire mon métier.

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Arrives-tu à en vivre aujourd’hui ?

C’est un lifestyle particulier mais ça se passe très bien, petit à petit ça devient plus concret et plus cohérent à tous les niveaux.

De nos jours, tout le monde peut se dire photographe, n’importe qui peut acheter un appareil photo pour pas trop cher, il y a instagram bien sûr… Quel regard portes-tu sur ça?

Le fait que tout le monde puisse prendre des photos et expérimenter, je trouve ça très bien. Ça éveille la curiosité. Ça pousse à observer davantage… Quoique, je ne sais pas… Avec instagram, on est tenté de prendre tout et n’importe quoi, de poser un filtre dessus, puis de publier ça comme ça. On stylise un peu tout mais c’est une belle plateforme de partage. Aujourd’hui on a tous un appareil photo, un téléphone, on a tous des applis ou des options sur notre téléphone qu’on n’a pas sur un appareil photo. C’est assez particulier mais je ne vois pas ça d’un mauvais œil. Quand je shoote une soirée ou un événement, je suis curieuse de regarder ce que les autres ont posté sur les réseaux sociaux, sur instagram, savoir ce qu’ils arrivent à sortir. Je le compare avec ce que je peux proposer quand je fais mon travail de photographe. Il y a toujours une différence, mais je trouve que c’est intéressant. On est plus dans l’instantanéité quand on prend des photos via notre téléphone. C’est peut-être comme ça qu’on consomme ces images là, rapidement, avec snapchat, insta… Je suis assez rapide quand j’édite mes photos, mais j’aime bien aussi prendre mon temps pour vraiment rendre compte de l’événement proprement, et autrement que par ce qu’on a déjà sur les réseaux sociaux.

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Tu utilises quoi comme appareil photo ?

J’ai un boitier Canon 6D. En terme d’objectif, je shoot beaucoup au 35mm. C’est un objectif neutre qui me permet à la fois de faire de beaux portraits et de shooter des scènes de vie. Il n’a pas de zoom, ça m’oblige à me déplacer, à aller chercher ce que je veux photographier. Quand je suis dans une soirée ou quand je shoote un moment de sport, ça m’oblige vraiment à participer à tout ce mouvement et cette énergie autour de moi. Ça me plaît beaucoup. C’est comme si j’endurais un peu le moment aussi, que j’avais cherché de toutes mes forces le cliché que je veux avoir. Néanmoins, j’ai récemment acheté un zoom 16-35. C’est un objectif qui me permet d’exploiter d’autres perspectives.

C’est quoi ton meilleur souvenir de photographe ?

Mon meilleur souvenir, c’est la première fois que j’ai bossé avec Yard. C’était leur première soirée, la Yard Party Zéro, en 2014, au Palais de Tokyo. Je ne viens pas du tout du milieu hip-hop à la base. Je suis passionnée de musique, mais le hip-hop, étonnamment, je ne connaissais pas bien. Et ça m’a énormément plu. Au-delà du fait que la musique et la culture sont incroyables, à l’époque j’étais vraiment intéressée par le fait d’arriver à saisir en image fixe une énergie, du mouvement. Ce soir là, en arrivant dans cette soirée, c’était incroyable l’énergie déployée par les DJ, le public, le staff… Ça a été un régal à shooter, c’était ma première immersion.

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Aujourd’hui, à travers Yard, tu shootes beaucoup d’événements et de personnalités. Tu nous as dit que dans un futur proche, tu voulais aussi proposer tes projets personnels. Peux-tu nous en parler ?

Il y en a qui ont déjà commencé. Par exemple, on a fait appel à moi pour couvrir la tournée européenne d’un grand sportif, Kevin Durant. On m’a appelé parce qu’on aimait mon travail et on m’a donné carte blanche pour gérer visuellement cette belle tournée, jour après jour, en inside. J’aimerais continuer à développer ça, des relations avec des sportifs ayant envie de relater un moment ou une situation particulière, qu’on puisse en discuter ensemble, mettre en place une vraie collaboration. Sinon, la musique, le cinéma, je n’oublie pas cette partie là de moi. L’envie de filmer est très forte. Je voudrais par la suite réussir à lier tout ce que je suis entrain de faire, tout ce que je découvre, comme la culture hip-hop par exemple, avec un peu plus de mon histoire et d’où je viens.

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Certains photographes se sont faits connaître en suivant certains groupes en tournée. Tout ce côté photoreportage culturel, urbain, c’est vers ça que tu voudrais t’orienter ?

J’aimerais continuer à le développer oui. Ce que j’aime dans le photoreportage, c’est l’idée de rendre compte, de transmettre, d’éveiller. Tant que c’est soutenu par une envie sincère et que l’humain y trouve sa place ça m’intéressera toujours, et ça s’étend dans tous les domaines.
J’ai aussi envie de travailler davantage sur l’esthétique, les matières, les formes, les couleurs, les perspectives, la lumière, au cinéma ou en photo, explorer et lier les arts. Il y a différentes strates de travail, mais tout cela m’intéresse beaucoup.

Merci.


 

Pour découvrir le travail de HLenie, rendez-vous sur son site officiel : http://hlenie.com/

Vous pouvez également la suivre sur Instagram : https://instagram.com/hlenie/

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