Kebabs of Berlin

Temps de lecture : 2 minutes

S’il y a bien une chose que j’apprécie à Berlin, c’est la délicieuse odeur de Kebab qui flotte souvent dans les airs. Avec cette série photo, j’ai voulu rendre hommage aux artisans de mon régime alimentaire. Attention, ici le kebab n’a pas la même réputation qu’en France. Ici les kebabs sont composés de produits frais. Ici c’est un sandwich populaire, et pas au sens péjoratif. Ici de façon générale, les kebabs sont meilleurs !

Diaporama

 

Au-delà des photos, j’ai aussi cherché pourquoi il y avait autant de kebab à Berlin. La réponse est simple : ce sandwich été importé par l’immigration turque. Oui mais pourquoi est-ce qu’il y autant de turcs à Berlin (et en Allemagne de l’ouest en général)? Pendant ce qui est communément appelé le “miracle économique”, la période de croissance et de reconstruction d’après-guerre, sous l’impulsion d’Ankara, la Turquie et l’Allemagne signent une convention concernant le recrutement de main-d’oeuvre. Elle est ratifiée le 30 octobre 1961 à Bad Godesberg, un district de la commune de Bonn. En effet, Bonn est la capitale de la RFA entre 1949 et 1990. La signature de cette convention n’est pas un fait exceptionnel. L’Allemagne avait déjà signé des conventions similaires avec l’Italie, en 1955, et avec l’Espagne et la Grèce, en 1960. Cependant, l’impact de l’immigration turque fût beaucoup plus important que celui de ces prédécesseurs. Avec cette convention facilitant la venue de cette main-d’oeuvre, puis une politique favorable au regroupement familial, et sans compter les différents exilés, la communauté turque est devenue la première communauté de ressortissants étrangers dans le pays.  Au début des années 2010, il y avait environ 1,6 millions de turcs en Allemagne. Cependant, de nos jours, les “chefs” servant des kebabs ne sont pas tous originaires de Turquie. Certains sont issus de vagues d’immigration plus récentes, ce qui ne les empêchent de se réapproprier le kebab. Cela n’est pas sans rappeler la pizza qui n’est plus l’apanage des italiens. Comme le dit Damien Schmitz dans son interview : “Dans l’histoire de la bouffe, tu retrouves de l’économie, de la société, de la culture, de l’Histoire, des mouvements de population, de la géographie…” Au final, manger un kebab c’est faire de la géopolitique. D’un coup, je culpabilise beaucoup moins.

 

image-1

 

image-2

 

image-3

 

image-4

 

image-5

 

image-6

 

image-7

 

image-8

 

image-9

 

image-10

 

image-11

 

image-12

1 Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *