La possibilité d’un kibboutz

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Les élections passent mais le système reste le même. Nombreux sont ceux qui disent souhaiter une alternative. Oui mais laquelle ? C’est dans le cadre de cette réflexion que je me suis intéressé au kibboutz. L’une des rares tentatives de société non-capitaliste qui a réussi à perdurer. Qu’est-ce qu’un kibboutz ? C’est une communauté collectiviste avec des valeurs égalitaires. Le kibboutz originel est un village pour lequel chaque habitant travaille, et qui à la fin de la journée partage tout équitablement. Les kibboutzim (pluriel de kibboutz) n’existent qu’en Israël. C’est donc là-bas que je me suis rendu pour en comprendre le fonctionnement, et réfléchir à ce que notre société pourrait en tirer.  

C’est dans le Kibboutz Mizra, situé dans la vallée de Jezreel, dans le nord d’Israël, que je passe quelques jours. L’expression “paradis terrestre” revient souvent pour le décrire. Calme, vert, entouré de champs, parsemé de palmiers et de fleurs… Mizra est un endroit simple et apaisant, un village où les enfants courent librement de maison en maison pour rendre visite à leurs grands-parents et à leurs amis. L’été, tout le monde se retrouve au bord de la piscine en plein air. Au centre, il y a un grand bâtiment qui abrite le réfectoire, le cinéma, la bibliothèque… Derrière ce décor de carte postale se cache un passé tumultueux. Cela fait plusieurs années que le kibboutz Mizra lutte pour sa survie.

 

Créer une nouvelle forme de société

Zvi Harel me présente Mizra et ses membres. Lui-même y habite depuis qu’il a 11, 12 ans. Ce professeur à la retraite, qui a aussi occupé des postes à responsabilités au sein de l’administration du kibboutz, travaille à mi-temps à la comptabilité. Pour que je puisse comprendre le présent, il tient à me raconter le passé.

Les premiers kibboutzim ont été fondés à partir de 1910 par des juifs venant d’Europe de l’Est. Leur création est antérieure à celle de l’Etat d’Israël. C’était une fierté pour eux. Il n’y avait pas de gouvernements pour les encadrer. La région appartenait à l’Empire Ottoman. Un vent de liberté soufflait dans cette vallée.  Les terres sur lesquelles ils se sont installés ne leur ont pas été données. Zvi insiste : ils les ont achetées. Les kibboutzim ont été construits par des hommes libres qui souhaitaient créer une nouvelle forme de société. Il y avait la recherche d’un idéal, d’un mode de fonctionnement nouveau. Historiquement, ils sont de gauche, avec leurs valeurs collectivistes et égalitaires. C’est dans ce cadre que le kibboutz Mizra fût fondé en 1923 par un petit groupe de juifs polonais et polonaises.

Ces fondateurs voulaient que les hommes soient égaux et partagent tout de façon équitable. L’exploitation de l’homme par l’homme était exclue. Il n’y avait pas de propriétés ou d’initiatives privées. A cette époque, un kibboutznik aurait eu honte d’avoir plus que son voisin. Ils travaillaient dans les champs ou dans les cuisines, la laverie, l’école… Le kibboutz gérait les différents aspects de leur existence : dépenses, achats, logement, nourriture, argent de poche… Ses membres n’avaient rien, mais en même temps ils avaient tout. C’était le kibboutz, l’entité qu’ils formaient, qui redistribuait équitablement les richesses et répondait aux demandes et besoins des kibboutznik.

 

“A l’intérieur, le kibboutz était malade”

Marie-Laure a connu cette réalité. Cette “petite catho”a quitté Marseille à 18 ans, en 68, pour aller dans un kibboutz perdu en Galilée. Ne sachant que trop faire de sa vie, elle a été attirée par cette approche de la vie en communauté. Elle se souvient des magnifiques photos qu’elle avait vues avant d’arriver. La réalité fût un peu différente. Elle passait ses journées à cueillir fruits et légumes. Il n’y avait que ça à faire. Le kibboutz subvenait au quotidien à ses besoins, comme à ceux des autres. La répartition équitable des biens, des ressources et des opportunités sont des piliers de la philosophie collectiviste. Les premières années, les kibboutznik partageaient même les sous-vêtements ! Plus tard, ils ont tous eu la télévision en même temps. Tout le monde l’a ou personne ne l’a. C’est une définition comme une autre de l’égalité.

Dans ce kibboutz, Marie-Laure a rencontré un Argentin. Ils s’y sont mariés et ont eu 3 filles, avant de se séparer des années plus tard. Elle se souvient qu’un jour son aînée avait reçu des vêtements de la part de sa grand-mère argentine. C’était un cadeau, mais Marie-Laure a été obligée de le partager avec les autres enfants du kibboutz. Au nom de l’idéologie égalitaire, elle l’a acceptée, mais le quotidien n’était pas toujours évident pour les individus. Lorsqu’elle voulait rentrer en France voir sa famille, comme tout kibboutznik qui souhaitait aller à l’étranger, elle devait soumettre sa demande au kibboutz, puisque c’était lui qui finançait le voyage. Il y avait des votes à main levée, publics, sources de tensions. Aujourd’hui, Marie-Laure est marié à un kibboutznik de Mizra, où ils habitent.

Uzi, l’un des hommes clefs de cette histoire, n’hésite pas à dire que le kibboutz était un paradis vu de l’extérieur : nourriture, santé, voiture, éducation… Tout était gratuit ! Mais pour reprendre ses mots : “à l’intérieur, le kibboutz était malade”. Il m’expliquera plus tard pourquoi. Ces paroles sont prononcées par le petit-fils de l’un des fondateurs. Son père a été le premier bébé à naître à Mizra. Au cours des années, Uzi y a occupé des postes à fortes responsabilités. Il a notamment été directeur de l’une des usines.

 

Marie-Laure

 

Succès économique, défaite humaine

A partir des années 40-50, un grand nombre de kibboutzim ont investi dans différentes industries, en plus de l’agriculture. Mizra a ouvert 3 usines. Elles ont toutes été très profitables, un vrai succès, notamment l’usine de viande non-casher. Grâce à elles, le kibboutz s’est considérablement enrichi. Le niveau de vie de ses habitants s’est élevé. “L’argent de poche” distribué au kibboutznik a augmenté. Grâce à cette bonne santé financière, l’égalité technique, philosophique, était toujours de mise. Le kibboutz avait les fonds nécessaires pour satisfaire ses membres. Il prospérait ainsi grâce à son succès au sein d’un système capitaliste.

Derrière cette réussite, il y avait une autre réalité, qui n’était pas économique, mais humaine. Uzi se cite comme exemple. En tant que directeur de l’une des usines du kibboutz, il avait une charge de travail importante et une pression constante. Pourtant, à la fin du mois et au quotidien, il avait autant qu’un employé, la même maison, les mêmes avantages, le même pécule… Pour lui, ce n’était pas un problème, mais certains ne le vivaient pas bien.

L’idéologie collectiviste demande à chaque membre de la communauté de sacrifier une partie de la reconnaissance à laquelle il pourrait prétendre, une valeur prédominante de la société moderne. Les choix individuels sont aussi en partie rognés pour garantir l’égalité. Avec le succès économique, l’élévation du niveau de vie et l’ouverture du kibboutz, ce n’était qu’une question de temps avant que les remises en question affleurent.

 

Uzi

 

La faillite du kibboutz

Inévitablement, l’idéologie du kibboutz fût remise en cause, mais pas seulement. Mizra fit face à 3 crises. Zvi précise que la majorité des kibboutzim sont passés par là. La première fût idéologique. Alors que les années passaient, une nouvelle génération de kibboutznik a grandi, une génération qui n’acceptait plus certains aspects de la vie à Mizra. Par exemple, à l’origine, les enfants ne vivaient pas dans le foyer familial. Ils étaient dans un dortoir. Cela ne convenait plus aux jeunes parents. Ils ne comprenaient pas non plus que leurs enfants ne puissent pas accéder aux meilleures études possibles sous prétexte que c’était le kibboutz qui payait. Ils voulaient aussi faire carrière et avoir le salaire qui allait avec. Ils voulaient profiter individuellement du fruit de leur travail. Cette nouvelle génération a menacé de partir. Un grand nombre s’est exécuté.

Avec le départ des forces vives, Mizra était condamné à devenir une maison de retraite. Ce fût la seconde crise, démographique. Dans un kibboutz, quatre générations se côtoient. Si cette chaîne se brise, c’est l’ensemble qui est fragilisé. Les deux générations du milieu travaillent pour assurer l’éducation des plus jeunes et assurer les meilleures conditions de vie aux personnes âgées. Sans population active, qui fait marcher cette machine quand la génération de Zvi et d’Uzi prend sa retraite ?

Enfin, les kibboutzim sont collectivistes, mais ils sont implantés en Israël, un pays capitaliste avec une économie de marché. C’est sur ce marché qu’ils vendent leurs productions, issues de l’agriculture et des usines. La mondialisation ne les a pas épargnés. Suite à cette dernière crise, économique, ils ont frôlé la faillite.

 

Un membre du kibboutz

 

L’avènement du kibboutz capitaliste

La crise économique a été surmontée en vendant des parts des usines. Celle de viande a été vendue, tout comme 75% de l’usine d’hydraulique. Ils ont donné à une franchise le droit d’opérer sur une aire d’autoroute qui passe à côté du village… Et ils louent d’autres espaces. Les usines ont commencé à employer des gens venant de l’extérieur. L’idéologie collectiviste se fissurait, mais c’était le prix de la survie. Aujourd’hui, les gens qui gèrent le kibboutz viennent de l’extérieur. Impensable il y a vingt ans.

De part son origine, la crise démographique ne pouvait être réglée qu’en trouvant une solution à celle idéologique. En 2006, Uzi est devenu secrétaire de Mizra. Il a géré la transition du kibboutz égalitaire vers le kibboutz capitaliste. Cette décision a été votée en décembre 2008 et a été effective à partir de 2009. Quelles en sont les conséquences ?

Il est désormais possible de travailler à l’extérieur du kibboutz tout en vivant à l’intérieur. Ces membres ont un salaire, même s’ils travaillent pour Mizra. Dans les deux cas, ils lui paient une taxe, comme un impôt. La cantine et d’autres services sont devenus payants. Maintenant, chacun peut partir en voyage quand il le souhaite, à ses frais. Chacun a sa propre voiture. Le choix a été fait de privatiser les maisons et la terre. Les kibboutznik sont propriétaires ! Ils peuvent donc réaliser des travaux. Des maisons avec un premier étage sont apparues. Les signes extérieurs de richesse sont visibles. Ils peuvent même lancer des initiatives privées. Ils sont plusieurs à louer des espaces dans le kibboutz pour développer des activités professionnelles principales ou annexes. Par exemple, Uzi et sa femme ont une brocante installée dans une ancienne grange.

Ce changement n’a pas été évident pour tout le monde. Saül, un jeune homme d’une trentaine d’années, né à Mizra, et qui y habite désormais avec sa femme, Hadas, venant d’un autre kibboutz, n’hésite pas à exprimer ses regrets vis-à-vis de l’ancien modèle. Ce musicien, spécialiste de Chopin, aimait l’époque, maintenant révolue, du collectivisme. Il pouvait se concentrer sur son art sans penser à l’argent. Le kibboutz s’occupait de tout. Lors du passage au système capitaliste, ses repères se sont effondrés. Il a dû trouver une nouvelle source de revenus. Il s’est formé en autodidacte au design et développement internet. Il est aujourd’hui freelance. Hadas est employée dans une agence SEO située en dehors de Mizra, ça paie mieux. Plusieurs personnes me le confirment : financièrement, il vaut mieux travailler en dehors du kibboutz.

Zvi nuance. Ce n’est pas parce qu’ils ont switchés vers le capitalisme qu’ils ont perdu tout leur héritage. Les valeurs de responsabilité mutuelle sont toujours de mise au sein du kibboutz. Si quelqu’un traverse une mauvaise passe, il va être aidé. Il sera exempté de taxes jusqu’à ce que sa situation financière s’améliore. Tout le monde se connaît et tout le monde s’entraide. Les personnes les plus vulnérables ont accès à tous les soins dont elles ont besoin. D’ailleurs, quand j’utilise l’expression “ kibboutz capitaliste” lors de ma rencontre avec Uzi, il me reprend immédiatement. Il me dit que ce sont les membres de Mizra qui ont décidé, de leur plein gré, qu’une partie des taxes prélevées sur leurs salaires iraient dans un filet de sécurité pour aider les personnes âgées et en difficulté. Malgré la transition, plusieurs valeurs fondamentales du système égalitaire survivent.

 

Hadas et Saül 

Le meilleur des deux mondes

La transition vers le capitalisme a provoqué une renaissance du kibboutz. Uzi le juge beaucoup plus sain aujourd’hui qu’il y a 15 ans. L’année dernière, Mizra est passé de 350 à 450 habitants. De nombreuses personnes parties sont revenues. La raison évoquée par Hadas est que le kibboutz concilie désormais le meilleur des deux mondes. On peut travailler à l’extérieur du kibboutz, faire carrière. On peut sortir à Nazareth, Haïfa et Afula, se faire des restos et des expos. Tel-Aviv n’est pas loin non plus. Israël est un petit pays. En même temps, le kibboutz offre une qualité de vie extraordinaire. Ainsi, Saül et Hadas y envisagent sereinement l’avenir. Pour l’instant, ils louent la moitié d’une maison, mais bientôt ils construiront la leur dans le nouveau quartier que Mizra s’apprête à ouvrir.

Uzi me révèle que le kibboutz doit intégrer chaque année 15 nouvelles familles pour assurer son équilibre et sa bonne santé. Ce ne sont pas les demandes qui manquent. Emmanuelle en témoigne. Née à la Réunion, elle a récemment fait son alyah avec son mari et son jeune fils d’une dizaine d’années. Elle travaille pour un institut qui a un campus dans le kibboutz. Emmanuelle habite actuellement à Afula. Si elle rêve de venir vivre à Mizra, ce n’est pas seulement pour réduire son temps de trajet le matin, mais parce qu’elle veut l’offrir à son fils. Elle veut lui offrir cette liberté, cette communauté où l’esprit d’entraide est omniprésent, “où toutes les portes sont ouvertes” pour reprendre ses mots.

Ses collègues israéliens ne la comprennent pas. Ils lui disent que la vie privée n’existe pas dans le kibboutz. C’est ce que m’avait déjà dit un jeune israélien rencontré dans l’avion. A l’opposée, Tom, jeune femme de 21 ans, élevée dans le kibboutz, ne se verrait pas vivre ailleurs. Elle ne voit aucune raison de quitter ce havre de paix, havre auquel Emmanuelle voudrait appartenir, mais qui lui est aujourd’hui inaccessible. De fait, face au nombre de demandes, les descendants des kibboutznik ont aujourd’hui la priorité.

 

L’ombre de la privatisation

Cette décision n’est pas anodine. Selon Zvi, c’est un moyen de conserver les valeurs du kibboutz, et donc son essence, à court terme. La décision de privatiser les maisons et les terrains sur lesquels elles sont construites pourrait avoir des conséquences désastreuses. Ainsi, si un kibboutznik décède, comme il était désormais propriétaire, son bien immobilier revient à ses descendants. C’est un héritage. Si ces derniers vivent à Tel-Aviv et ne souhaitent pas y déménager, ils pourraient décider de faire de ce bien une maison de vacances. Il pourrait également décider de le vendre. Zvi dit que le kibboutz serait acheteur, mais rien n’empêche les descendants de tester le marché. Sachant que les kibboutzim sont très attractifs, il est probable qu’ils aient une meilleure offre. Dans ce cas là, comment contrôler à qui la maison sera vendue ? La priorité est donc donnée aux descendants des kibboutznik pour préserver l’esprit de communauté qui en fait un lieu à part.  

Uzi est plus pessimiste quand il faut évoquer l’avenir. Aujourd’hui, il est le “PDG” de plusieurs kibboutzim, dont certains déjà passés par cette privatisation. D’après son expérience, d’un point de vue juridique, le propriétaire gagnera toujours face au Kibboutz. Il ajoute que le filon des descendants finira par s’épuiser. Mizra fera attention à qui ils accueillent, mais ce n’est pas une science exacte.

D’après Uzi, il y a des tensions au sein-même de Mizra. De vieux kibboutznik disent que maintenant que la privatisation a commencé, autant aller jusqu’au bout. Ils veulent que tout soit vendu, usines, terrains… Puis que les bénéfices soient partagés. D’autres sont contre et veulent préserver le kibboutz tel qu’il est aujourd’hui. La question est ouverte. Ce sera aux prochaines générations d’y répondre.

 

Un visiteur dans le kibboutz 

 

“La nature humaine est peut-être différente de celle du kibboutz”

Pour Saül et Hadas, il n’y a aucun doute : ils veulent conserver l’équilibre actuel. Ils me laissent entendre qu’ils aimeraient revenir en arrière, au système égalitaire. Selon Hadas, c’est la génération X qui a provoqué cette évolution. Cette dernière voulait une carrière. Elle voulait grimper l’échelle sociale. Sa génération, Y, n’a rien demandé. Ils ont d’autres aspirations. Néanmoins, aujourd’hui, Saül et Hadas adhèrent complètement à ce nouveau kibboutz. Ils y sont libres d’être qui ils veulent, de vivre leur vie comme ils l’entendent, tout en s’épanouissant dans un environnement où prime l’humain et le vivre-ensemble.  

Le futur de Mizra est incertain. Ce kibboutz capitaliste est un produit très attractif sur le marché israélien, surtout pour les familles et les jeunes couples. Malgré la privatisation, réussira-t-il à conserver son esprit d’entraide et de communauté ? Faut-il y voir la défaite du collectivisme face au capitalisme ? Comme le dit Uzi, les kibboutznik ne représentent que 1,8% de la population israélienne : “la nature humaine est peut-être différente de celle du kibboutz”. Cependant, la société moderne pourrait s’en inspirer.

Je laisse le mot de la fin à Stéphanie. Cette Française est mariée à un kibboutznik originaire de Mizra. Ils s’y sont installés après la transition vers le kibboutz capitaliste. Avant cela, elle a connu les HLM de la banlieue parisienne. Elle a aussi travaillé dans la capitale pendant plusieurs années. Vivre aujourd’hui dans ce kibboutz est une revanche et une chance : “Tout le monde est solidaire. La vie n’est pas impersonnelle. On n’est jamais seul, contrairement à ce que l’on peut vivre dans une grande ville, où l’on est anonyme. Ici, il y a toujours une porte qui s’ouvrira pour t’aider.”  

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